Citation d’un autre temps… Vraiment ?

22 11 2013

« Solitude de l’examen de conscience où germaient les premières résolutions. Solitude de l’homme au sein des premières résolutions.

Solitude de l’impuissance, solitude dans la recherche du point où pourrait s’appuyer le levier de l’action. […]

Mais solitude aussi dans la vie quotidienne et bornée, car chaque matin il fallait partir pour l’usine, le bureau , le champ, à la conquête de la maigre subsistance de la tribu, alors que le monde entrait en agonie et que tout était remis en question. »
Alban Vistel, été 1940 – « Héritage Spirituel de la Résistance ».
Extrait de « Résister – Les archives intimes des combattants de l’ombre »,  de Guillaume Piketty.





CAPITALISME, SCIENCE ET HUMANITÉ, Jacques Testart – Paul Jorion, à Morlaix, le 9 avril 2013 à 20h30

19 04 2013

Ça fait du bien d’entendre un message d’espoir, d’humanisme et de lutte, non ?
Avec pas mal de proposition pas dogmatiques mais intelligentes dedans…

A déguster en prenant son temps : c’est du lourd et c’est ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=51912

 





Une époque intéressante…

23 02 2013

Une époque intéressante?

  • Avec cette Crise?
  • Cette économie gangrénée par la finance ?
  • Quand l’environnement est sacrifié au culte de la croissance et du profit?
  • Quand on divise le peuple pour éviter qu’il ne s’unisse contre ses véritables ennemis?
  • Quand le pouvoir issu du vote populaire s’inféode sans réserve aux puissances de l’argent?
  • Quand on instille la peur de l’Autre pour s’attaquer aux libertés fondamentales, toujours au prétexte de la sécurité des honnêtes gens ?

Oui sans réserve, car toutes les générations n’ont pas l’opportunité de vivre en direct la fin d’une époque, et (avec un peu de chance), le début d’une autre !

Il est sans sous difficile, car très déstabilisant, de l’admettre, mais à travers une actualité socio-économique qui ne nous parle que d’efforts nécessaires pour retrouver le chemin de la croissance, se dissimule une vérité fondamentale : l’agonie de ce  capitalisme financiarisé et opaque qui fait le bonheur de tous les nantis de la planète, de l’investisseur occidental au cheikh du Golfe, en passant par l’apparatchik mafieux russe, le haut fonctionnaire businessman chinois, ou le narcotrafiquant mexicain.

Car la fête semble bien se terminer, où le potentiel de la croissance, et les possibilités d’enrichissement qui allait avec, semblaient infinis. Les peuples et la terre même montrent des signes d’épuisement, après avoir été tant mis à contribution, pour alimenter la machine infernale à concentrer la richesse.

Et si la machine infernale se grippe, il va falloir penser à autre chose, mais quoi ?

Ceux nous gouvernent semblent avant tout motivés par la perpétuation d’un ordre établi, pour leur plus grand bénéfice à court terme, et celui des riches qui détiennent le vrai pouvoir. Il longtemps réussi à obtenir le consentement des peuples en maniant savamment le bâton et la carotte, entre partage de miettes de prospérité et contrôle des libertés publiques et de l’information. Mais en même temps que les miettes de prospérité se font plus rares, Internet a sinon anéanti, du moins rendu beaucoup moins efficace le contrôle de l’information. Alors les capitalistes ont entrepris de réduire le rôle des états à la portion congrue du maintien de l’ordre, et tenté de s’approprier tout le reste pour en faire des sources de profits.
Et pour détourner le regard des citoyens, on a ressorti des tiroirs le vieil épouvantail d’avant la mondialisation : l’Autre. L’Autre, c’est le Pas-comme-nous-qui-menace-nos-emplois-notre-mode-de-vie-et-notre-foi. Suivant les pays, l’autre change de couleur de peau, d’origine, et de religion, évidemment, mais il est toujours aussi pratique comme bouc émissaire, surtout s’il est pauvre. En fait, l’Autre est toujours pauvre, sinon on l’appelle investisseur, voire bienfaiteur, quand il achète un club de foot ou reprend une société naguère prospère pour la pressurer avant de la vendre à la découpe… L’Autre est bien pratique, car il permet de réduire les libertés,  de mettre en place des outils de surveillance, de punir spectaculairement le petit voleur pour préserver la tranquillité du grand. Bref, l’Autre est bien indispensable pour garantir un ordre établi de plus en plus répressif.

Face à cela, pourrait-on imaginer un pire cauchemar pour nos puissants qu’une prise de conscience qui dirait enfin : l’Autre, c’est moi, et ce n’est pas lui mon ennemi ?

Donc, nous vivons bel et bien une époque intéressante: celle où nous devrons choisir entre la soumission à un ordre libéral qui prendra forcément un tour de plus en plus répressif, afin de garantir sa main-mise sur nos vies et continuer à piller impunément la planète, ou l’opportunité d’amener enfin l’humanité à un âge adulte où, ayant réalisé la finitude de son monde, elle se tourne enfin vers une solidarité globale, pour un futur moins consumériste, moins égoïste, et plus durable.

Ah ben oui, mais y a du boulot..!





2013, ou les plus belles années de nos vies en une époque intéressante

30 01 2013

Pour cette année, et les suivantes, l’emplumé irascible vous souhaite de vivre :

Les plus belles années de vos vies, en une époque intéressante !

C’est que forcément, les « santé-bonheur-prospérité », « bonne et heureuse année » et autre vœux à l’utilité douteuse, manquent un peu de panache, pour ne pas dire d’inspiration, en ces temps de doute où « La Crise » assombrit l’avenir …

Pour être honnête, cette année, ce sont deux citations, importantes tant par leur contenu que par leur origine, que j’ai eu sans vergogne envie de télescoper :

C’était les plus belles années de ma vie !

Puissiez-vous vivre à une époque intéressante !

Pour comprendre la première, il faut savoir que l’année dernière, à la Toussaint, nous avons visité, en famille, le Mémorial de la Résistance en Vercors. Moments d’émotion et de questionnements, en particulier pour ma fille aînée, interpellée par le témoignage audio d’une résistante, infirmière dans la Grotte de la Luire puis déportée à Ravensbrück:

Cette vieille dame, qui, je crois, était Rosine Crémieux, décédée en septembre 2012,  racontait avec émotion les blessés, la peur, l’exécution évitée de peu, la déportation… Et concluait en déclarant que c’était les plus belles années de sa vie !

Sur la route du retour, ma fille nous avoue son incompréhension une déclaration aussi paradoxale. Alors il a fallu lui dire que oui, il y avait la violence, la peur, la souffrance, la mort, mais malgré tout ça, et en fait à cause de tout ça, il y avait dans l’épreuve la solidarité des héros anonymes, la certitude inébranlable dans la justesse du combat contre la barbarie, et probablement aussi, à un niveau plus intime, la griserie indépassable de la poussée d’adrénaline.

Ma fille sembla comprendre, même si la perspective de vivre pareilles épreuves ne lui sembla guère enviable…

Quant à la seconde (« Puissiez-vous vivre à une époque intéressante ! » ), je l’ai entendue le 16 ou 17 janvier dernier, dans la bouche de Zygmunt Baumann, interviewé par Daniel Mermet dans son émission « Là bas si j’y suis ». Il s’agit apparemment d’une très ancienne malédiction chinoise, adressée à un ennemi dont on souhaite voir la vie bouleversée… Venant d’un juif polonais, seul de sa famille à avoir échappé à l’Holocauste, et qui arriva à Berlin au printemps 1945 comme officier de l’Armée Rouge, la chose mérite réflexion. Ce très vieux monsieur, dont la vivacité et la lucidité ne semblent pas avoir été entamées par les ans, s’adressait ainsi aux générations qui allaient lui survivre, pour les inciter à ne pas baisser les bras, à n’abandonner à aucun prix la lutte pour un monde meilleur.

Ah, j’entends d’ici le brouhaha… Des « Il rêve d’une bonne guerre, le baby-boomer ? », des « Mais enfin, comment comparer notre époque, si civilisée, si pacifique, aux horreurs du siècle précédent ? », des « J’ai un boulot et une famille à nourrir, moi, alors prendre le maquis… Et contre quel ennemi, d’abord ? »…

Non, vous voulez vraiment une explication de texte ?!?

(A suivre, peut-être…)





Au menu de ce dimanche…

4 05 2012

Et pour 5 ans: fromage sans goût ou goulash à la marinade rance ?





Le 6 mai, préserver (un peu) la démocratie

24 04 2012

Paysage politique français au lendemain du premier tour :

  • Un FN porté par les voix des déçus du sarkozysme et des laissés pour compte de la mondialisation.
  • Une UMP qui prête à tous les racolages, tous les mensonges, toutes les compromissions, pour conserver le pouvoir et retarder la rencontre entre les juges et son petit caporal.
  • Quelques centristes déboussolés par l’hystérie extrémiste d’une droite aux abois.
  • Un PS louvoyant pour accéder au pouvoir en dissimulant son manque d’idées et sa future allégeances aux marchés financiers et au CAC40.
  • Des Verts en état de mort politique, à force de se positionner en croupion vert du PS.
  • Un Front de Gauche, qui malgré un essor réel, n’est pas encore entendu par ce peuple craintif et sans mémoire qui s’est jeté dans les bras de l’extrême-droite.
  • Des extrême-gauches et un souverainiste de peu de voix et de poids.

Et un reste de démocratie en danger…

Alors le 6 mai, sans illusion mais sans hésitation, pour moi, ce sera François Hollande.





Libéré !!!

6 06 2011

Non, il ne s’agit pas de l’événement planétaire qu’a constitué le débarquement de Normandie… Mais plus prosaïquement de ma libération de la World Company qui m’employait.
Pour des raisons d’ordre contractuel (on dit aussi « être tenu par les c…es »), je ne m’étendrai pas plus sur le sujet.

Mais à titre personnel, voilà qui devrait m’offrir un peu plus de temps pour des activités plus épanouissantes; et parmi celles-ci, tenir ce blog, modeste goutte d’eau dans la marée contestataire qui monte, pour saper les fondations déjà chancelantes du monde de TINA

Bref, le vieil indien est de retour, au moment où il est temps de se préparer à accrocher des scalps à nos ceintures !