2013, ou les plus belles années de nos vies en une époque intéressante

30 01 2013

Pour cette année, et les suivantes, l’emplumé irascible vous souhaite de vivre :

Les plus belles années de vos vies, en une époque intéressante !

C’est que forcément, les « santé-bonheur-prospérité », « bonne et heureuse année » et autre vœux à l’utilité douteuse, manquent un peu de panache, pour ne pas dire d’inspiration, en ces temps de doute où « La Crise » assombrit l’avenir …

Pour être honnête, cette année, ce sont deux citations, importantes tant par leur contenu que par leur origine, que j’ai eu sans vergogne envie de télescoper :

C’était les plus belles années de ma vie !

Puissiez-vous vivre à une époque intéressante !

Pour comprendre la première, il faut savoir que l’année dernière, à la Toussaint, nous avons visité, en famille, le Mémorial de la Résistance en Vercors. Moments d’émotion et de questionnements, en particulier pour ma fille aînée, interpellée par le témoignage audio d’une résistante, infirmière dans la Grotte de la Luire puis déportée à Ravensbrück:

Cette vieille dame, qui, je crois, était Rosine Crémieux, décédée en septembre 2012,  racontait avec émotion les blessés, la peur, l’exécution évitée de peu, la déportation… Et concluait en déclarant que c’était les plus belles années de sa vie !

Sur la route du retour, ma fille nous avoue son incompréhension une déclaration aussi paradoxale. Alors il a fallu lui dire que oui, il y avait la violence, la peur, la souffrance, la mort, mais malgré tout ça, et en fait à cause de tout ça, il y avait dans l’épreuve la solidarité des héros anonymes, la certitude inébranlable dans la justesse du combat contre la barbarie, et probablement aussi, à un niveau plus intime, la griserie indépassable de la poussée d’adrénaline.

Ma fille sembla comprendre, même si la perspective de vivre pareilles épreuves ne lui sembla guère enviable…

Quant à la seconde (« Puissiez-vous vivre à une époque intéressante ! » ), je l’ai entendue le 16 ou 17 janvier dernier, dans la bouche de Zygmunt Baumann, interviewé par Daniel Mermet dans son émission « Là bas si j’y suis ». Il s’agit apparemment d’une très ancienne malédiction chinoise, adressée à un ennemi dont on souhaite voir la vie bouleversée… Venant d’un juif polonais, seul de sa famille à avoir échappé à l’Holocauste, et qui arriva à Berlin au printemps 1945 comme officier de l’Armée Rouge, la chose mérite réflexion. Ce très vieux monsieur, dont la vivacité et la lucidité ne semblent pas avoir été entamées par les ans, s’adressait ainsi aux générations qui allaient lui survivre, pour les inciter à ne pas baisser les bras, à n’abandonner à aucun prix la lutte pour un monde meilleur.

Ah, j’entends d’ici le brouhaha… Des « Il rêve d’une bonne guerre, le baby-boomer ? », des « Mais enfin, comment comparer notre époque, si civilisée, si pacifique, aux horreurs du siècle précédent ? », des « J’ai un boulot et une famille à nourrir, moi, alors prendre le maquis… Et contre quel ennemi, d’abord ? »…

Non, vous voulez vraiment une explication de texte ?!?

(A suivre, peut-être…)

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